Kapha

Publié le par Catherine Picque

Kapha

Il ne s'agit pas de lourdeur administrative chère à mon hypocondriaque tchèque préféré, ni même d'un code secret.

Il s'agit d'accumulation, de tissus adipeux qui se sont rassemblés sur mon ventre et mes cuisses depuis que tu n'es plus. Pour compenser ton absence, j'ai stocké de la chair, pour combler le vide causé par ton départ prématuré. Dix ans déjà que tout le monde croit que je m'arrondis à cause de mes maternités, alors que je garde ma graisse pour me réchauffer. Je me pelotonne, j’hiberne dans mon manteau capitonné, et je recherche la sécurité de tes bras ronds et de ton buste moelleux. Mais je commence à me noyer dans le molletonné. Mes bras en guimauve m’écœurent et mes jambonneaux sont dignes de la boucherie Sanzot.

Publié dans Autofiction

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