Redémarrage en cours...

Publié le par Catherine Picque

 

Les points lumineux tournoient telle une chenille phosphorescente cherchant à attraper sa queue. Mon regard ne peut se détacher de cette ronde qui semble perpétuelle. Le prosaïque « 30 % effectués » vient rompre le charme du serpent luminescent qui commençait à m’hypnotiser. Est-ce ce ballet de pointillés qui me séduit tant ou le titre du livret qui laisse penser qu'une réinitialisation est possible… La tentation est grande, en effet d'oublier tout et de repartir à zéro… Mais pour un mauvais souvenir effacé, combien de bons s'en iraient ? Ma tête posée sur l'épaule de ma sœur, pelotonnée sur le canapé pour regarder à une heure qui me paraissait tardive de façon éhontée, « Ma sorcière bien aimée ». Elizabeth Montgomery est pour moi l'égérie du monde sans frontières dans lequel j'ai grandi. Un ovni télévisuel, une héroïne féministe malgré elle, dans un décor d'American way of life, francophonisé pour passer à la télé tunisienne. Des années plus tard, le corps gracile et blond de ma sœur mimant les facéties hongkongaises de Jackie Chan pour faire naître un sourire sur mes lèvres. Tous ces souvenirs liés à un écran...comme le mail qui m'apprit le jour de mon anniversaire que tu avais un cancer… On est obligé d'accepter le programme complet, il faut juste savoir zapper les mauvais épisodes. Accepter les rediffusions, et un jour se décider à tourner de nouveaux épisodes. C'est à moi, maintenant de dessiner des sourires sur les visages de mes aimés. Le clown triste doit accepter de ne plus se grimer, laisser les larmes gicler pour ne plus être ce cactus abandonné près de l'écran, afin de se protéger des mauvaises ondes, et que plus personne ne songe à arroser.

Publié dans Autofiction

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article